Haut de page
17 Mai 2012, St Pascal

Allons ensemble nous promener...

Après 1 an de retour en pays du camembert, bilan...


15 kilos, mais plus de cigarette...cela a un prix..!

Une Toyota hybride Prius...

un poêle à granules de bois...

le bio a fait son entrée dans notre alimentation et en représente déjà environ 30%. Diminué par au moins 2 les allées au supermarché...(On met le dragon à la diet pour citer Pierre Rabhi).

Lancement très prochainement de la construction d'une maison ossature bois, sans 1 gramme de PVC...

Décision prise de commencer à donner des soins énergétiques pour l'hiver prochain...

Bon et bien pas si mal pour la planète...

à dans un an...

Tags associés : terre, camembert, apres

J'kaz !
0
Jeudi 31 Mars 2011Poster un commentaire
 
 Lettre aux aurovilliens

 

Des fois, on aimerait dire aux aurovilliens qu’ils ne sont pas les uniques détenteurs de la conscience humaine, car ils semblent oublier la richesse de l’échange avec l’extérieur.

Ici, on se rend compte du temps qui passe à l’usure des lames de rasoir ou des brosses à dents, on ne décompte pas le temps en jours ni même en mois, mais en cycles…

Qu’avez-vous que nous n’ayons point ?

  • vous avez le Matrimandir, il y a des temples, des églises, des mosquées et autres lieux de culte partout dans le monde.
  • Vous êtes sous les tropiques, nombre de lieux très agréables en profitent également.
  • Vous avez un nom de ville qui se termine par « ville », c’est le cas de milliers, voire de millions d’autres.
  • Vous vous sentez tiraillés par le manque de moyens financiers, comme tout le monde !
  • Vous traitez les « étrangers » avec condescendance et une forme d’hostilité soi-disant assumées, cela va de soi lorsque l’on tient les choses pour acquises.

Prenons le guest ; c’est vraiment le statut qui permet de réaliser l’appropriation que se font les aurovilliens d’Auroville. Auroville est un clan de personnes qui se sentent privilégiées, et malgré que maintes constitutions à travers le monde, au cours des deux siècles et demi passés, aient institué l’abolition des privilèges, y compris en Inde avec la destitution des Maharadjas au milieu du 20ème siècle, et bien ce statut semble persister ici…

Le « guest » paye tout plus cher que les aurovilliens, et en prime on l’appréhende avec méfiance, voire défiance. Les tamouls qui ont accédé au rang( ?) d’aurovilliens, se voient dotés d’un bien meilleur niveau de vie, ce qui est à priori une bonne chose, mais beaucoup développent alors de l’arrogance, et encore une fois, c’est le guest qui en pâtit le plus : on se permet de lui poser des questions indiscrètes sans ménagement, et le considère à priori comme un envahisseur qu’il faut dépouiller le plus vite possible afin qu’il puisse repartir faire le plein de devises pour les ramener plus tard. De toutes les façons, Auroville est à mon sens, pour les Tamoul, simplement la possibilité d’une vie meilleure, au sens économique…

Tout cela n’est pas méchant, même si certains ont vraiment profité et se sont(ou continuent à...) considérablement enrichis grâce à Auroville. La plupart ne vivent pas comme des cadors, mais la charte et tout le reste leur passent complètement au dessus du cigare…alors ils vous disent qu’ils travaillent pour le « divine », et la conscience est saine et sauve, mais tout cela fait qu’un état d’esprit individualiste prédomine, et contribue à l’établissement d’une société comme les autres, où le « chacun pour soi » est fatalement de rigueur…Du coup, comme il faut contrebalancer, des institutions voient le jour au sein d’Auroville, pour contrôler, et réprimander le cas échéant. A la fin, ici comme ailleurs, on fouille vos poches…

Cela va sans dire, Auroville n’est absolument pas « welcoming », exactement par le fait que beaucoup se la sont approprié, et ont ainsi progressivement désintégré la charte initiale. Quoi que vous fassiez, c’est cela qui vous saute à la figure après un court séjour ici : la charte (« Auroville n’appartient à personne en particulier mais à l’humanité dans son ensemble… ») est la grande absente. Partout on vous rappelle que la propriété, la spéculation et l’individualisme (communautaire ?) ont désormais cours officiel. Tout ceci est devenu une vaste fumisterie, un village vacances doublé d’une superbe machine à fric.
Non seulement c’est un lieu de villégiature pour retraités, rentiers ou gagnants du loto du monde entier, mais aussi plus simplement des touristes indiens et en premier lieu des habitants de Pondichéry qui se prennent leur hôtel le week-end pour se mettre au vert.

Certaines personnes ont bien cerné le phénomène, ils disent justement que le rôle d’un « guest-house »(littéralement « maison d’hôte ») est d’offrir le gîte et éventuellement le couvert. Or il faut voir comme certains guest-houses rivalisent de luxure et de prestations de services(ménage, blanchisserie, internet, vélos, scooters, massages, excursions…)et de s’enorgueillir à qui versera la plus forte participation mensuelle à Auroville(c’est une course à quoi au juste ?), pour un prix de nuitée franchement exorbitant. C’est bien simple, certains refusent officiellement les personnes avec enfants, pour préserver la quiétude de leurs clients, tout est dit !

Ici, on rencontre beaucoup de personnes qui ont senti un « appel », souvent suite à la lecture d’ouvrages de Mère ou Aurobindo, tout plaqué ou presque dans leur pays d’origine, et après deux ou trois mois, on les retrouve complètement hagards, ne sachant plus quoi penser de l’endroit. Et lorsqu’ils sont venus seuls, ils frisent souvent la dépression après cette période ; quoi de plus normal, il s’agit d’un « hold-up » mental. Entre le message affiché via la communication extérieure, et la réalité constatée sur place, il n’y a plus aucune cohérence. En fait, on se reprend en pleine figure tous les schémas qui constituent aujourd’hui la prison mentale qu’est devenu l’occident, en pire puisque l’Inde, avec ses taux de croissance des dernières années, se voit de plus en plus dotée d’un fort pouvoir d’achat, et les aurovilliens, finalement, finissent logiquement par rechercher à s’indexer sur ce pouvoir d’achat.

 

 

En fait, ils ne pensent qu’aux moyens d’obtenir de l’argent, alors qu’ils sont déjà soutenus et subventionnés de toutes parts(gouvernement indien, UNESCO, donations privées…), ne comprenant donc pas qu’à chaque fois qu’ils acceptent des financements, ils se placent d’eux même en situation d’otages : par exemple, de fortes donations privées étaient accordées à la condition de participer à la construction du Matrimandir, alors qu’aujourd’hui, il est flagrant que bien des secteurs étaient plus urgents, tel le logement qui manque si cruellement ici, mais au nom de la gloire et de l’orgueil, on plie face à la bêtise…) Est-il si difficile de considérer que l’énergie humaine peut accomplir ce qu’il y a à faire dans la matière ? Remettant ainsi au premier plan l’essence de l’humanité qui est le partage, chacun donnant de soi pour créer dans l’harmonie, des choses durables. Non, au lieu de cela on ne demande que votre argent, bafouant toute l’énergie de l’espoir et du sacrifice que vous aviez amenée avec vous, pour construire un monde plus simple, d’amour…

La spiritualité a déserté cette lande, car ses habitants ne cherchent plus à s’épanouir, ils ne sont plus dans une attitude d’ouverture, d’ailleurs, certains sont ouvertement ici sans jamais l’avoir cherché. Mais s’il y a tant de parasites, c’est bien parce que des forces « basse fréquence » y ont trouvé un terreau fertile pour s’y développer et prendre insidieusement le contrôle de l’ensemble. Et on laisse faire au nom de la liberté de chacun. Mais cet endroit n’est pas fait pour expérimenter les vibrations les plus basses, les états d’âme et les émotions les plus primaires, cela peut être vécu partout ailleurs sur la planète. Non, cet endroit a été investit il y a maintenant 42 ans presque jour pour jour, par une énergie considérable qui est celle du rêve de Mère, dont la paternité incombe à Aurobindo. Regardez bien comme vous la piétinez aujourd’hui, au nom de la pseudo évolution…la voie que vous êtes en train de suivre ne permet plus à ces vibrations haute fréquence de pouvoir prendre forme dans la matière.

Tous, vous donnez libre cours à vos plus vils instincts car il faut soi-disant y passer. Je suis d’accord avec le fait de devoir expérimenter toutes les basses vibrations pour les intégrer et les dépasser, mais dans ce cas, allez faire cela ailleurs et revenez lorsque vous serez prêts, cessez de polluer cet endroit par souci de confort et de facilité. De toutes les façons, un aurovillien responsable devrait comprendre par lui-même qu’il lui faut quitter sa ville régulièrement, peut-être tous les 3 ou 4 ans, afin d’aller faire une « mise à jour » et rester connecté avec le reste du monde ; ils ne le font pas, alors s’endorment gentiment et déclenchent régulièrement des disputes de cour d’école pour se réveiller un peu…

En parlant d’éducation, c’est comme avec les enfants, à les laisser totalement libres, on les gâte. La plupart des gens continuent à scinder l’âme et la matière, ils pensent encore que la spiritualité passe par un renoncement à la matière, voire par un rejet hostile. Mais si l’enfant doit être cadré, c’est bien parce que dans sa jeunesse, il lui faut appréhender les limites, et celles-ci n’existent que dans le mental et la matière. En voulant les laisser appréhender seuls, on rate la première partie de l’enseignement, car un humain parfait est un être qui porte en lui toutes les vibrations de l’univers, les plus hautes comme les plus basses, qui finalement se valent. Et en laissant des personnes cultiver leur ego en toute puissance et impunément, sur le sol du rêve, vous polluez pour longtemps votre propre terre, alors ne vous étonnez pas des conséquences stériles. Je vous entends déjà dire que rien n’est stérile et que tout est parfait dans un plan divin, et que si les choses arrivent, c’est qu’elles doivent arriver…Oui mais attention ! Tout ce qui arrive ici est déjà arrivé ailleurs, et lorsque l’on répète la même erreur, c’est que l’on ne veut pas comprendre.

En ce matin du 28 février 2010, lever 5h00. Méditation dans les jardins du Matrimandir à 5h30, en guise de célébration de l’anniversaire de la cité de l’aurore ; quelques aurovilliens mais surtout beaucoup d’absents à leur propre fête, une grande majorité de guests et d’indiens…Auroville, symbole désincarné ?

Je donne 5 ans, 10 maximum à Auroville, avant que l’état indien ne renvoie gentiment tout le monde chez soi (à part les collabos bien sûr, car il y en a déjà…). Et ce pour une simple raison : vous avez laissé la corruption vous atteindre, voiler vos cœurs, affermir votre mental et diriger vos actions. Lorsque le taux vibratoire sera mûr, l’affirmation des forces en action se matérialisera par une prise de pouvoir officielle, et ce, grâce au laxisme ambiant. Et Auroville deviendra une vitrine touristique de plus pour l’Inde. Essayez simplement de vous mettre dans la tête d’une nation composant le 6ème de la planète, avec pour vrai concurrent, la Chine…quels objectifs à terme ?

 

PS : désormais, rendez service aux gens du monde pour qui espoir, partage et amour veulent encore dire quelque chose ; ne faites plus semblant de les inciter à venir par une propagande mensongère et surtout hypocrite, car vous ne rêvez que de rester entre vous, demandez-leur simplement de vous envoyer des dons… 

Ci-gît Auroville, décédée en 1973, l’année de la mort de Mère, et de ma naissance…

Jérôme TESTOLIN, Auroville, 28 février 2010

 

Tags associés : Lettre, aurovilliens

J'kaz !
0
Lundi 01 Mars 20106 commentaire(s)

 

 Toujours vivants !? Il faut le dire vite…

Finalement, tous les maux "étranges" qui touchent les gens ici ont fini par nous rattraper…il faut dire que l’organisme est mis à rude épreuve, car l’environnement d’Auroville semble privilégié, mais malgré l’impression de « cloche à fromage », qu’elle soit psychologique, atmosphérique ou financière, on en reste pas moins être en Inde, pays où le terme « pollution » prend tout son sens après plusieurs mois. Pollution de l’air, de l’eau, du sol, pollution auditive incessante, pollution visuelle ; à chaque seconde une image vous ramène à la misère et la bêtise humaine(en tout cas l’ignorance), au mieux le beau côtoie la déchéance, et jour après jour, il est plus difficile de se lever, et la sensation de fatigue arrive toujours un peu plus tôt le soir, alors fatalement, l’incident arrive…

 Papy et mamy Pardon sont bien arrivés(ayant essuyé au départ une grève des aiguilleurs du ciel à Roissy, un problème technique d’avion et de fait, une correspondance loupée à Delhi. Bref, quelque chose comme 10 heures de retard, la routine made in India avec « Air India »,. Ce qu’ils ne savaient pas encore, tout en le redoutant, c’était ce qui les attendait pour le retour…), ainsi que les courageux cousins Thibault & Renaud pour qui tout s’est bien déroulé. Arrivage nocturne, qui facilite les choses car permet de se glisser au lit sans se poser de questions, et de se réveiller dans cet environnement si différent(ne serait-ce qu’environ 30 degrés d’amplitude thermique !) forts d’une bonne nuit de sommeil.

Les trois premiers jours, dégustation de saucisson sec, prise de connaissance et de repères d’Auroville, location des mobylettes et en voiture Simone, c’est parti sur les chapeaux de roue jusqu’à l’arrivée de Satish, notre ami et chauffeur pour l’« expédition » dans le sud de l’Inde, direction le Kerala. 

 1er jour, Papy,Mamy,Sandrine,Renaud et les enfants embarquent dans la jeep « Tata » de Satish vers 10h30, nous les suivrons en moto avec Thibault que deux heures après car nous avions réservé la moto que( !) 3 semaines auparavant, alors forcément il a fallu bataillé sec car tout le monde avait oublié(malgré un rappel quotidien tous les jours pendant 3 jours avant le départ !). Enfin bref, c’est culturel dirons-nous, et nous voilà partis sous la chaleur, à la poursuite des autres, destination Tanjore, 180 km. Départ pour les motards ; 12h30, arrivée ; 19h30 ! oui oui, 180 km, mais de piste ! Arrivée nocturne dans hôtel à nuits blanches, en un mot : glauque pour franchement cher, sans parler de l’accueil…caractéristiques flagrantes de nombre d’hôtels dans le sud. Enfin bref, lever tôt le lendemain l’histoire de visiter le temple local, et pouvoir prendre la route à la « fraîche ». Le temple de Brihadishwara de Tanjore est un véritable bijou, absolument pas coloré comme la plupart, de la pierre et de la belle, un assortiment de dentelle minérale sur une surface et dans des proportions dantesques, un enchantement aux mille et une photos. 9h30, fin de la visite avec le traditionnel « blessing elephant », et départ pour Maduraï.

 

                                                         

  Deuxième journée de route beaucoup plus rapide(moyenne indienne : 50km/heure), donc environ 4 heures, et arrivée à la ville avec, après plusieurs essais, obtention d’un bon hôtel, très propre et plutôt « design », pépite rare dans cette partie du monde, surtout pour le même prix que les autres. Visite du temple de Meenakshi de Maduraï : une ville dans la ville ! Des kilomètres de salles voûtées,  des milliers de piliers de style « dravidien », une population pharaonique se déplaçant(sans se perdre !) dans des dédales infinis de couloirs, corridors, immenses salles, escaliers, le tout décoré et mordoré de couleurs éclatantes : une hallucination permanente qui vous donne le vertige. Après deux heures de déambulation ; capitulation, les enfants sont épuisés et donc épuisants…retour à l’hôtel, dîner sur les toits de Maduraï, et dodo tant attendu. 

 

                                                                                                3ème jour, direction « Cap Comorin », sorte de lieu sacré géographiquement situé à la pointe sud de l’Inde, là où 3 mers se mélangent. Nous nous sommes donc baignés,face à cette immense statue construite sur les petites îles proches, à la fois dans la mer du Bengale, l’océan indien et la mer d’Oman, le tout dans une foule indienne amassée sur une minuscule plage aux multiples sortes de sable. La descente à la plage est bondée de boutiques à coquillages, on nage en plein tourisme, mais surtout prisé par les indiens…Comme d’hab’, hôtel médiocre, mais dîner et petit déjeuner continental au « sea ressort », l’hôtel de luxe à 500 mètres, en front de mer.  

 Le 4ème jour sonnera le glas, démarrant pourtant bien…Nous voilà prêts à démarrer pour nous rendre à Varkala et ses plages paradisiaques. En route, une halte improvisée à « fort palace », immense palais en bois de type Sino-indien japonisant, magnifique et enchanteur, un véritable labyrinthe de finesse et subtilité, conçu et amélioré par une dynastie de Maharadjas particulièrement précurseurs et esthètes. Vers midi, on repart à la recherche d’un lieu pour le lunch, et on trouve un super petit resto vraiment délicieux. La chaleur est au comble, Varkala encore loin, on décide donc avec Sandrine de partir en éclaireurs pour trouver un hôtel en arrivant, vu le nombre de villes à traverser, on aurait dû arriver bien en avance étant en deux roues…

Trivandrum, environ 14h, on se relève difficilement, Sandrine est les pieds en avant, la jambe gauche sous la moto, je suis étalé sur le flanc droit, la foule s’amasse, un policier, puis deux nous disent d’attendre l’ambulance, ils gèrent la situation de manière très professionnelle, il y a du sang, mais rien de vital, la peau et la chair pour ainsi dire nues, qui frottent sur le bitume, c’est impressionnant mais pas forcément dramatique, par contre,Sandrine à la main droite( !) vraiment pas belle à voir,et j’ai vraiment du mal à respirer, une douleur sourde dans les côtes de droite. Ce qui suit est un vrai film, du genre « Babel » d’Inaratù, traversée de Trivandrum dans le 4X4 de police, à fond, tout à l’arrière sur les strapontins, sur des routes et chemins cabossés(ce qui est un pléonasme en Inde !) je ne saurais dire si c’est l’accident ou le transport qui a occasionné le plus de dégâts…bref on arrive à l’hôpital…gouvernemental…à éviter. Après 10 minutes, j’y ai vu mon premier mort, un Saïdhou  au crâne défoncé, Sandrine qui commence à s’évanouir, au moins cinq personnes autour de nous, personne ne réagit, je l’attrape au vol, ce qui me rappelle vivement que mon flanc droit a bien reçu…bon, tout le monde est largué, il faut que je me reprenne, je me rappelle l’horreur que ressentent les indiens à la vue du sang, le fait qu’ils travaillent dans un hôpital n’y change rien, aussitôt je comprends qu’il me faut « driver » la situation, après tout, nettoyer les plaies et une radio pour mes côtes, le temps de donner les directives( !?) et je file faire une radio, tout est surréaliste, autant les locaux que l’attitude du corps « médical », y a-t-il vraiment un médecin dans le lot ? Bon, on se calme, l’idée que des gens viennent se faire soigner ici relativise nos états, on est un peu choqués mais mieux vaut sortir d’ici au plus vite que d’y croupir encore des heures sachant qu’il ne se passera rien de plus. La radio arrive assez vite, le médecin qui me gère(dans les 25 ans) me propose une piqûre anti-tétanique, j’y vois une possible amputation à venir, je refuse dans la seconde, lisant un total désappointement dans son regard. Il est assis avec ses collègues quand la radio arrive, j’avais prévenu de bien prendre la droite du thorax, la radio est centrée, voire axée sur la gauche, ben voyons, et lorsque le médecin décide de l’ausculter, assis, il la tend en direction du néon situé environ 4 mètres plus haut, au plafond…j’éclate de rire et me reprend dans la seconde, cela fait trop mal…C’est là que des hurlements déchirent l’inertie hallucinante de l’endroit : diagnostique ; accident de bus, femmes, enfants et gros gabarits qui hurlent tout ce qu’ils connaissent, les bras à l’équerre et les visages ensanglantés, on tire notre révérence, on a vraiment plus rien à faire là. Après un énième transfert d’énergie, on remonte dans le véhicule de la « traffic police » pour aller récupérer la moto, si elle est encore là…

Ah non, ce n’est pas possible, il faut d’abord aller faire un rapport au central ! Oh nom de diou, là c’est au bas mot encore une heure et demie de glandouille au poste, et la nuit qui approche, pas d’argent avec nous, et le terminus à une bonne heure de moto. Nous voilà à la « central police station », on attend pour passer devant le lieutenant, la moto devait nous attendre ici, mais rien bien sûr…et puis avec tout ça, ils ont fait un semblant de pansement à Sandrine, mais le reste de ses plaies, et la totalité des miennes sont à l’air, suintant à qui mieux mieux, heureusement tout de même que nous avions un portable, et avons pu rassurer les autres sur notre état de santé. Je passe les détails et en arrive au retour à la moto : 17h30      

 Comme nous, pratiquement indemne, quelques éraflures et la fourche légèrement voilée. Par contre, les cale-pieds droits sectionnés nets. Les policiers, qui au passage ne nous ont pas lâché une seule seconde, ce qui est bien réconfortant dans ces cas là, ne veulent pas nous laisser reprendre la route sans réparer les cale-pieds, ils nous accompagnent donc jusqu’à un réparateur, et après que l’on se soit confondus en remerciements, comprennent que l’on peu peut-être se débrouiller, on les salue chaleureusement, et se tournent vers le mécano : pas de possibilité de réparation, à croire qu’ils ont tous des actions dans l’hôtellerie locale ! Prendre la route la jambe(droite !) reposant sur à peu près rien ne m’enchante pas, surtout que l’adrénaline commence vraiment à se dissiper, laissant la place à la fatigue, la douleur et les tremblements, mais je pense à mes petits et invite Sandrine à monter en selle.

Une bonne heure après, on arrive à Varkala, de nuit, plus qu’un petit effort et on se posera pour plusieurs jours.

 L’hôtel que nous a trouvé Satish est nickel, propre, agréable, belle piscine et bonne table, le tout dans un cadre soigné à 300 mètres de la plage. Compte tenu des contusions, on ne profitera pas des eaux, mais les petits et la famille s’éclatent bien pendant que l’on panse nos plaies. Le lendemain, au petit déjeuner, Isaac se casse le nez violement, une horreur, le visage déformé comme celui d’un boxeur qui vient de terminer son 30ème round, face à un adversaire aux gants recouverts de papier de verre…là, je prends conscience que je viens d’atteindre une limite ; s’il arrive encore quelque chose à quelqu’un, je ne le supporterai pas.

     

 

Après 4 nuits de convalescence à Varkala, et un rétablissement en bonne voie du nez d’Isaac, direction tant attendue : croisière d’une journée et une nuit sur les célèbres « back waters » du Kerala. Arrivés à Alleppey, on embarque sur un de ces très beaux bateaux pour naviguer paisiblement sur ces grands canaux qui alimentent  et irriguent ce très verdoyant état de l’Inde(communiste et fort du plus haut taux d’alphabétisation en Inde : 91 %). Un peu de quiétude voilée par les douleurs encore fraîches, mais l’expérience est à vivre, encore que très onéreuse, et le service à bord est royal.

 

   Après cela, le trajet a duré encore trois jours et deux nuits, mais épuisés par la route, j’avais hâte de retrouver notre paisible maison à Auroville. Nous avons tout de même traversé quelques montagnes aux très belles et bien ordonnées plantations de thé et d’épices, jusque Periyar, puis fait une halte à Trichy, avec visite du temple, mais rien de comparable avec ceux des premiers jours. Enfin arrivés à Pondy puis Auroville le 28 janvier, Satish est resté avec nous un petit moment, puis est reparti rejoindre sa famille à Delhi, 4 ou 5  jours de route…Ah ces indiens !  

 Depuis tout ça, Papy et mamy Pardon sont repartis, un problème de billets à Chennaï, ce qui, apparemment, les a obligé à en racheter un pour Delhi, et une joyeuse grève de la SNCF en France, pour rentrer sur Lyon, que du bonheur quoi !

Les cousins prennent leurs marques et ont pris eux aussi leur petite gamelle, mais rien de bien grave(je ne suis pas sûr d’être autorisé à vendre la mèche auprès de leur infirmière de maman Chantal, mais voilà, c’est fait !) . Chez nous, on récupère tous du périple, on a beau dire, ce type de voyage n’est absolument pas adapté pour des enfants en bas âge, cela forme peut-être la jeunesse, mais est frustrant et épuisant sous bien des aspects pour les parents. Bref, il est temps que l’on rentre, si on le peut, on avancera peut-être le retour d’une semaine ou deux…sur ce les bons amis, désolés pour cette longue attente, et à bientôt d’une façon ou d’une autre.

Bons baisers de la planète Auroville…

 

 

 

                                                           


Tags associés : Kerala,

J'kaz !
0
Dimanche 07 Février 20109 commentaire(s)
 

Bonjour à tous, et bonne année 2010

Comme promis et suite à vos nombreuses demandes (les filles), je vous fais le topo pour mon job.

Je travaille donc pour la marque Upasana dirigée par Uma …. Voici l’adresse du site qui, je trouve, ne met pas le produit en avant : www.upasana.in

C’est une société Aurovilienne d’environ 50 personnes sur site sans compter toutes les femmes qui travaillent à l’extérieur dans les villages. Le management est essentiellement géré par des auroviliens et la fabrication et les broderies faite par des villageois qui eux sont embauchés, comme dans la plupart des compagnies ici. Heureusement il y a quelques exceptions …

    

 les responsables de production, et l'homme indispensable au bon déroulement et à la  coordination des choses, Sumeet, avec qui tout le monde me soupçonne un lien de sang ?!

 

 

 

 

 

La société compte plus de 8 magasins en Inde et est assez connue, les stagiaires n’hésitent pas à traverser l’Inde pour y passer quelques semaines en stage.

Uma a mis en place déjà plusieurs projets humanitaires qui sont ici très célèbres.

 

 * Notamment « Tsunamika », suite au tristement fameux tsunami qui a tué ici de nombreux pêcheurs et saccagé les villages. Aussi, elle a formé les femmes des pêcheurs à fabriquer des toutes petites poupées avec ses restes de tissus, un vrai challenge on le sait ici. Aujourd’hui la mini poupée est une « star» et continue à se vendre sous différentes formes.

 

 

* Elle a fait des sacs en tissu, que quasi tout le monde a ici, pour que l’on n’utilise plus les sacs plastiques lorsque l’on fait ses courses.

* le projet Varanasi sur lequel je travaille. Dans cette région ils fabriquent une soie très célèbre brodée de fil d’or (une fortune : presque 15 euros le mètre à l’achat, je ne sais pas si vous imaginez !). Les soyeux sont en banqueroute, dépassés par le marché chinois qui fait la même chose avec des super machines !!! Bref, Uma n’a pas peur et lance une collection spéciale en soie de Varanèse pour les soutenir.

 

 

* et la dernière en date : sauver les cotonniers du Tamil Nadu qui font du coton organique.

 

Bref, elle a la pêche et il est vrai que son équipe a du mal à suivre (et on les comprend), si bien qu’actuellement il y a quelques conflits en interne dont je ne comprends qu’une petite partie, mon anglais et mon tamoul n’étant pas à la hauteur !

 

véritable esprit d'entreprise, cours de yoga offert une fois par semaine, goûter tous les jours avec thé & gâteaux...

 

 

Mais ça ne nous empêche pas d’avancer. J’ai donc fait quelques dessin pour la collection Varanese, Uma m’a demandé quelque chose d’assez simple s’adressant aux femmes de mon âge (ici 50 % de la collection est vendue sur le marché indien et les 50 autres pour le reste de la planète : nous touristes). Elle a choisi une dizaine de mes dessins. Nous avons lancé le patronage et en moins de 2 semaines tous les prototypes étaient montés.

J’ai fais les rectifications.

 

Suite à la réunion hebdomadaire qui a lieu tous les vendredi après-midi tous les prototypes ont été validés. Je n’étais pas fière devant tout le staff avec mon anglais à 2 francs mais les 9 modèles ont eu l’accord d’Uma et nous allons lancer la fabrication.

Je vais donc maintenant choisir les matières parmi toutes les soies de Varanese. Je suis malheureusement limitée pour les couleurs puisqu’il n’y a que du noir et du blanc. Par contre les broderies ont différents motifs dorés ou argentés.

Les modèles sont ensuite fabriqués en soie et lancés en petites séries dans chaque magasin.

 

Voilà pour cette fois, bises à tous, je vous laisse, j'ai tant de choses à faire, ouh là là...

Sandrine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tags associés : Upasana, sandy

J'kaz !
0
Lundi 04 Janvier 20105 commentaire(s)

En cette fin d'année un peu surréaliste(il est très difficile de se dire que c'est Noël à 25 degrés !), nous vous souhaitons de très bonnes fêtes et que l'esprit de Noël soit sur vous...

Cette année encore, n'oubliez pas de viser la Lune, comme cela, si vous la loupez, vous tomberez parmi les étoiles...;)

Tags associés : Joyeux, noël, bonne

J'kaz !
0
Jeudi 24 Décembre 20092 commentaire(s)
Statistiques
  • 1 connecté(s)
    Total de 10 742 visiteur(s)
    Site créé le 28/09/2009
Campagne membre